Les vautours

Toulouse Antifasciste

Le cadavre de notre camarade est encore tiède alors que les vautours se jettent dessus.

Les récupérateurs, tout d’abord. Qui est un récupérateur et qui ne l’est pas? C’est assez simple, Clément étant un militant antifasciste et libertaire, ses camarades proches et les membres des organisations dans lesquelles il a milité sont évidemment plus légitimes pour lui rendre hommage que les sociaux-démocrates. Honte à tous ces élus socialistes et ces bureaucrates du Front de gauche et de ses satellites. Honte à vous pour votre indécence! Vous qui ne pouvez pas imaginer faire un cortège de deuil sans amener vos drapeaux, qui ne savez pas faire un tract sans y coller votre logo. Vos mensonges ont tellement tourné qu’on nous sort parfois que Clément était « proche du Parti de gauche »! En répandant de telles rumeurs, vous crachez sur ses convictions, sur sa mémoire. Mais nous ne nous attendions pas vraiment à mieux de votre part. Au moins, de nombreuses personnes dégoutées par cette récupération ont rejoint les cortèges des camarades de Clément, laissant les républicards seuls avec leurs drapeaux et leurs slogans légalistes. Voilà pour l’aspect positif, même si les larmes de crocodiles versées par les socialistes ont eu pour effet pervers de faire croire que ces gens là étaient du côté des antifas. Rien n’est plus faux: le gouvernement en place et le parti au pouvoir sont des ennemis irréductibles de la cause antifasciste, nécessairement révolutionnaire.

Honte aussi aux médias, de gauche comme de droite, ouvrant leurs plateaux télés aux chefs des groupuscules fascistes qui y font leur publicité librement, comme d’habitude, ayant en plus le culot de se prétendre « anti-système » alors que toute la presse les courtise pour un reportage « choc ». Quand la foule en deuil pleurait, chantait et manifestait, les caméras étaient là, attendant qu’une amie proche éclate en sanglots ou qu’un jeune horrifié par le crime passe sa colère sur un élu. Reportages à la con sur la « nébuleuse antifa », condescendants et mensongers, s’intéressant pour quelques jours à un combat qu’ils trainent dans la boue le reste de l’année, calomnies, raccourcis faciles… Les charognards ont tout fait pour surfer sur la vague, allant jusqu’à harceler la famille du défunt. Et que dire des présentateurs télé commentant les rassemblement de deuil comme un match sportif… Comme si cela ne suffisait pas, on a aussi eu droit aux milliers de commentaires, tous à peu près pareils sur les différents journaux en ligne. La saloperie concurrençait la lâcheté, avec les habituels propos sur « les extrêmes qui se valent » (on attend toujours le Anders Breivik libertaire pour nous débarrasser de ces merdes humaines), les « c’est bien fait », ou encore les suppositions douteuses sur les conditions de la mort, la vie du jeune homme, son engagement, son physique…

Enfin, les fascistes. Il était évident qu’ils nous présenteraient le néonazi Esteban Morillo, repris de justice armé, comme un innocent jeune homme poétique ayant bêtement trébuché. Le pire, c’est qu’ils semblent y croire. Mais on aurait eu du mal à imaginer jusqu’où pouvait aller la perversité et l’ignominie de ces gens là. Rappelons que différents médias nationalistes (Zentropa, AMQC, des pages facebook…) annonçaient avec un culot incroyable que contrairement aux « rouges », eux respectaient la mort d’un militant. « Il y a, bien au delà des différences idéologiques, une césure fondamentale et à jamais infranchissable entre fascistes et antifascistes, c’est celle de cette forme d’honneur et de dignité qu’est le respect des morts », nous disaient ils. Alors, que penser des messages d’insulte ou de calomnie envoyés aux antifascistes et à la famille du défunt (!), des nombreux communiqués mensongers de la nébuleuse nationaliste, des articles « d’humour » sur le drame (I like your style, etc…), de la fausse page « RIP Clément Méric », bref des tonnes d’ordure déversées sur la « mémoire du mort »? Même sur Feu de prairie, nous avons reçu ce genre de message se moquant de l’évènement. Si les droitards sont traumatisés par les articles antifascistes les appelant à « faire comme Venner » en se flinguant, qu’ils commencent par balayer devant leur porte. C’est dans leur mouvance qu’on a pu lire les articles d’insulte à Venner les plus gratinés (La Flamme, ClE, etc). La poutre et la paille! Bref, voici le camp de « l’honneur » et de la « dignité » dans ses œuvres: un ramassis de charognards n’assumant même pas un crime politique et pissant sur la tombe d’un jeune de 18 ans lynché par une bande de lâches. Belle vision du courage chevaleresque…

Oui, nous avons la haine contre tous ces gens là. Des claques se perdent, et pas que ça, face à cette vermine ressassant inlassablement les mêmes arguments miteux, les mêmes ricanements indécents. Des gens médiocres vivant par et pour le mensonge, en somme. Mais notre haine est constructive, elle nous pousse à nous organiser mieux, à développer nos liens. Nous sommes de ceux qui ne croient pas en la république des bâtards, qui a depuis longtemps mis les antifascistes dans le même camp que leurs ennemis, malgré les beaux discours. Nous laissons la « liberté d’expressiooon » et les belles valeurs démocratiques à ceux qui les prêchent: c’est à dire, à ceux qui sont au pouvoir et ceux qui à droite rêvent de les remplacer. La sociale-démocratie ouvre la voie au fascisme. Nous sommes par contre de ceux qui croient que la bonne solution au problème a été trouvée en 1945, et qu’elle implique un mur et quelques cartouches pour les terroristes fascistes.

Heureusement, les réseaux antifascistes autonomes ont été à la hauteur de l’enjeu. Partout des mobilisations réunissant des milliers de personnes ont été organisées dans l’urgence la plus totale. Dans toutes les grandes manifestations les récupérateurs ont dû céder face aux exigences légitimes des antifascistes. La solidarité internationale a aussi été formidable et très émouvante avec de belles actions partout en Europe (et ailleurs) et de très nombreux communiqués de soutien. Car si le fascisme avance en France, la révolution se prépare partout, et elle balaiera les charognards… En montrant leur vrai visage, l’extrême droite comme les libéraux et les républicains ont fait bouger les lignes. A Lyon, le maire Gérard Collomb (PS) veut ainsi mettre en procès… Les antifas! Il en est de même ailleurs, prouvant contre la propagande mensongère que la récupération n’est pas la bienvenue. Des personnes se sont interrogées, la mort a eu un grand écho dans le peuple. Nous sommes encore une poignée seulement, une petite minorité intransigeante face au mouvement de masse réactionnaire qui avance pour étouffer dans l’œuf le changement social. Mais nous nous structurons, nous resserrons nos liens, nous nous organisons. Nous savons que nous n’avons rien à attendre de cet État, de ce système, et des fausses alternatives parlementaires qu’il propose. L’antifascisme tout comme la révolution est une lutte violente. Violence populaire contre barbarie réactionnaire. Il est légitime de se battre avec rage, car c’est une question de vie ou de mort. La destruction finale du système en place et de ses défenseurs nationalistes dépendra de cela, tout comme la construction du monde nouveau que nous souhaitons.  Pour honorer nos morts – Mettons toute notre énergie dans le combat. Vers la victoire!

S.

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24 commentaires pour Les vautours

  1. Marnie Edgar dit :

    Merci . Magnifique texte.

  2. Pas De dit :

    Il me semblait bien qu’ils se donnaient beaucoup de peine pour parler d’un « fait divers ».

    Bref, vomitif à souhait. Les choses se dérouleront car elles le doivent, une action entraîne une réaction, et ainsi de suite. Perpétuel schéma qui se répètera encore et encore, l’anomalie est systémique…

    De haine et de dégoût, d’amour et de passion.

    Sincères condoléances.

  3. Joss dit :

    Et allez, cassez du Front de Gauche au passage ! A chaque fois, les portes paroles ont insisté sur le fait que Clement n’était pas de cette organisation mais que la lutte antifachiste était un dénominateur commun !
    Mais bon, continuez, pendant que l’extreme droite se banalise et que les médias vous présentent presque comme des terroristes, ne rejoignez pas le Front de Gauche, crachez sur Mélenchon pendant qu’ils sont les seuls à s’attaquer au FN et à ses groupuscules satellites.
    Vous etes dans la même logique que les syndiqués d’Arcelor Mittal qui ne prennent pas partie pour le FdG, le seul organe à les defendre bec et ongle, luttant, en particulier, pour l’amnistie des syndicalistes !

    Bon voilà, bah en attendant, le FN va faire un raz de marée en 2014 et Marine sera présidente en 2017, tout va bien !

    • feudeprairie dit :

      [Une réponse plus creusée avait été écrite mais suite à un bug elle a été effacée, voici la version synthétique]

      Salut Joss,
      -Primo, nous avons été écœurés par les prises de parole d’élus FdG parlant uniquement de la république lors de l’hommage à Clément, par les communiqués de Mélenchon dès que notre camarade a été déclaré mort, ou par les tracts apposant le logo du Fdg à côté de la tête de Clément. On peut venir à un hommage sans amener des dizaines de drapeaux, comme on peut soutenir une lutte sans attendre de recevoir en retour carte blanche pour une organisation politique.
      -Ensuite, notre antifascisme est révolutionnaire ; nous combattons aussi le FN (et oui, et pas que lors des élections !), mais notre but est un renversement du système socio-économique en place pour le remplacer définitivement. Le réformisme, le culte de la république, les discours chauvins et les drapeaux tricolores n’ont pas de place dans nos rangs. Pire, nous pensons qu’ils aggravent la situation en France en entretenant une confusion désastreuses pour les classes populaires, au profit de la social-démocratie « radicale ».
      -Finalement, nous faisons bien la distinction entre les militant-e-s de base du FdG (qui peuvent militer avec nous sur certaines luttes et qui d’ailleurs ont participé en nombre aux manifs d’hommage, souvent en désaccord avec l’attitude de leur structure politique), et la direction, qui est pour nous un adversaire résolu. Notre antifascisme est autonome de toute organisation parlementariste, de tout légalisme.

      D. pour FdP

      • Joss dit :

        Ouaip… Bon ptet que les drapeaux étaient déplacés, sur les photos de rassemblement que j’ai vu, ça ne m’a pas sauté aux yeux ! Enfin bon, jcomprend !
        Pour le reste, la lutte révolutionnaire, les utopies on en a tous et en dehors de l’amour de la patrie, je vois pas trop de différences avec l’Humain d’abord du FdG !
        Enfin bon j’respecte !
        Mais bon, moi aussi j’ai plein d’utopies dans le coeur, mais là ça urge, y a le bateau qui commence serieusement à prendre l’eau là et y a plus aucune force politique pour faire barrage au FN pendant que tout le monde veut resister seul dans son coin ! Et nous savons tous que le FN ammene bel et bien le fachisme avec ses légions de cathos, de lâches et de brutaux.
        Alors pour sur qu’il y a des sociétés à inventer plus parfaites que la république mais la république ça reste bien moins pire que le fachisme surtout qu’on se doute bien que le FN au pouvoir ne changera rien au libéralisme ambiant, bien au contraire !

        Et pour en revenir, en effet, même si les tracts et les drapeaux dès le lendemain de la mort, c’est pas très subtil, j’estime que le FdG est tout à fait dans son role en politisant la mort d’un antifa sous les coups d’un skinhead ! Et si je me doutais bien que le FN, l’UMP ou le PS et leurs sympathisants allaient s’offusquer, je suis surpris que les antifa en fassent autant !

      • feudeprairie dit :

        -Le FN est aussi « antilibéral » et « républicain ». Notre république, c’est celle des conseils. Pas la 5°, ni la 6°, ni la 48°. Celle que nous avons en ce moment couvre un état impérialiste, qui réprime les travailleurs et exporte la guerre. Plus vite les masques tomberons, mieux ce sera.
        -Nous sommes pour notre part anticapitalistes, pas seulement « antilibéraux ».
        -En ce sens, nous sommes du côté des luttes populaires, de la classe, et donc nous défendons une analyse matérialiste-dialectique contre l’idéalisme et l’opportunisme. Le terme « d’utopie » n’est peut être pas trop adapté, mais on se comprend…
        -La mort de notre camarade est en elle même politique. En effet, pas besoin de drapeaux, ni d’un parti pour la défendre… Si il y en a si peu sur les photos, à Paris et Toulouse notamment, c’est que les groupes antifascistes ont bien fait leur travail 😉
        Salutations antifascistes & révolutionnaires

  4. christine dit :

    Pourquoi parler de récup ? Melenchon a du démentir que Clément était au PG … s’il avait voulu récupérer il aurait fermer sa goule or ce n’est pas ce qu’il a fait.
    Clement a participé à la présidentielle de Mélenchon (mais pas encarté) … ben voilà … je ne vois vraiment pas où est le problème … on dirait des femmes jalouses … non je l’ai vu la 1ere, non c’est moi …
    C’est quoi ce truc ? Vous aimez donner du grain à moudre au FN en fait ?

    • feudeprairie dit :

      Clément était un camarade, certains d’entre nous le connaissaient personnellement ou militaient à ses côtés.
      Pour clarifier, il s’est engagé successivement à la CNT-FTE puis à Solidaires Étudiant et à l’Action Antifasciste Paris-Banlieue. C’était un militant libertaire.
      Voilà pour la rectification. Ensuite, quand une manifestation unitaire est organisée, c’est au comité d’organisation de décider des modalités (présence de drapeaux ou non). Pas aux orgas participantes chacun de leur côté. En cas de deuil, la décence impose un minimum de retenu.
      Or cette décence n’a pas été respectée, de trop nombreuses fois. Voir des militants et élus FdG défendre la venue du PS dans ces manifestations est par exemple intolérable. Heureusement, ce n’est pas une opinion partagée mais un avis minoritaire.
      Il faut tracer une ligne de démarcation bien nette entre le camp antifasciste et la social-démocratie/le social-chauvinisme.

      • christine dit :

        pour ce qui est de tracer la ligne de démarcation si ca ne tenait qu’à moi … mais tu sais tout le monde n’a pas le même niveau de conscience politique et donc je comprend que tu sois peiné mais je crois que tous les camarades qui étaient là ne pensaient pas manquer de respect à clément ni même faire de la peine à ses compagnons de combat.
        Pour Mélenchon sans vouloir enfoncer le clou je crois qu’il faut éviter d’être injuste car par exemple l’an dernier plutôt que d’aller se faire atomiser face au FN à henin-beaumont il aurait pu aller dans une circo pépère. Il est le seul à s’être attaqué au FN pendant la campagne (on lui a assez reproché) il ne faut pas l’oublier.
        Son combat est politique et tactique mais ce n’est pas pour autant qu’il est moins sincère. C’est plutôt un intello, il se bat avec ses armes. Chacun à son poste.
        Moi-même fin 2011 j’étais une huitre en politique, c’est par sa pédagogie que j’ai ouvert les yeux (c’est pour ca que je suis plutôt indulgente ?) …
        Nous ne trompons pas d’adversaire.

      • feudeprairie dit :

        C’est une question d’analyse. Nous n’avons pas une analyse droite/gauche, mais de classe. Et à ce titre le réformisme parlementaire est opposé à nos intérêts.
        Nous avons déjà publié plusieurs textes à ce sujet et évoquant notamment la question du Front de Gauche. Nos critiques (j’espère assez claires) de ce mouvement ne nous empêchent pas de militer occasionnellement avec des gens qui en sont issus/proches.

  5. Léo dit :

    Pour ce qui est de la récupération, fallait s’y attendre, c’est de bonne guerre. Pour le sois-disant combat de Mélenchon contre le FN c’es tellement une énorme hypocrisie que c’en est presque risible mais personne ne capte qu’il a fait la tentative de récupération d’électeurs du FN la plus importante depuis Sarko en leur disant que c’était lui le vrai anti-système (blague), le vrai défenseur des ouvriers (re-blague) et que même si Marine avait le discours facile elle allait tous les envoyer droit dans le mur. Ya du vrai mais ya aussi une énorme hypocrisie, il peut critiquer Sarko qui a tenté la même après… Mais bon pour finir sur le sujet il s’est prit une grosse taule comme tous ceux qui ont tenté ca car malheureusement les électeurs du FN sont assez fidèles en fait.
    Sinon c’est bien beau de se dire libertaire et anti-parti, mais va falloir arrêter de s’appeler camarade à toute les phrases et virer un peu les étoiles rouge les marteaux et les faucilles, faut pas s’étonner que ca prête à confusion derrière…

    • feudeprairie dit :

      Sociologiquement, l’équation « ouvriers électeurs PCF => électeurs FN » est une fumisterie; les ouvriers votant à gauche ont globalement arrêté de voter, et ceux qui votaient à droite se sont radicalisés. Les transfuges sont minoritaires (il y a beaucoup d’électeurs FN qui s’inventent un « passé gauchiste » quand ils commentent sur internet aussi, pour crédibiliser le discours). Quant à leurs campagnes électorales, si ils ont progressé au niveau des intentions de vote, ils ont perdu beaucoup de militants; y a qu’à voir leur ridicule défilé du premier mai ou leur difficulté à remplir des listes pour les élections.
      Sinon concernant notre média, nous sommes ouverts aux influences communiste, communiste-libertaire, anarchiste, etc. Comme l’explique notre présentation, nous sommes clairement dans une optique transversale visant à produire des ponts. Ces rapprochements se retrouvent et se confirment dans les luttes et la pratique commune.

  6. Léo dit :

    Pour la première partie on est d’accord, pour la 2e moins… On peut pas jouer à l’anarchiste, même au communiste-libertaire (appelation paradoxale) en arborant fièrement l’étoile rouge et le marteau et la faucille, c’est trop lourd de sens, ou alors on ne comprend pas ce que l’on porte. Sinon pour les communistes purs y’en a des biens, mais ils sont souvent (malheureusement) bien trop endoctrinés pour aller bien loin. Après c’est vrai que si on veut bosser, si on veut lutter faut s’ouvrir. Mais bon, le fait est que l’iconographie soviétique omniprésente dans ce genre de mouvement, alors qu’elle n’a rien à y faire, prouve quand même une méconnaissance de l’histoire par rapport aux valeurs qu’elle veut porter.

    • feudeprairie dit :

      Nous ne portons aucune iconographie particulièrement attachée à un courant comme tu pourras le constater sur notre blog (nos liens mis à part).
      Pour le reste nous ne pouvons que te conseiller de te renseigner sur le communisme libertaire, notamment au travers des livres de Daniel Guérin, et sur le mouvement communiste autonome ainsi que sur les mouvements anti-impérialistes. Ils constituent une partie de l’inspiration des membres de notre collectif.
      Bonne lecture et salutations révolutionnaires

  7. Romain JAMMES dit :

    Bonjour,

    J’ai hésité à commenter. Non que je n’ai rien à dire, mais j’avais des doutes sur l’utilité de mon intervention. Mais peut importe, on a l’habitude de déplacer les montagnes à la petite cuillère.

    Je précise pour commencer que je suis au Parti de Gauche. Je le dis pour être au clair avec ceux qui vont me lire mais aussi parce que c’est une organisation collective qui porte des idées que je défend, et font sens, dans mon schéma d’analyse, avec la période que nous connaissons. Ce n’est pas anodin, et c’est surtout pour ça qu’on aime s’en revendiquer. Ce n’est pas à vous que je vais expliquer le problème du cloisonnement des luttes.

    Cela étant dit, je respecte beaucoup vos idées, vos modes d’action et votre organisation. J’y suis d’autant plus sensible que je vois des convergences personnelles. À une autre époque, j’aurais été plus volontaire à m’investir dans les GARI que dans un parti. Le contexte actuel m’a fait choisir cette voix.

    Cela étant dit j’aimerais réagir sur cet article :

    – Tout d’abord l’accusation de récupération. Je suis d’accord avec le fait qu’un hommage ne doit pas se transformer en guerre de drapeaux. Ce n’est pas ce que nous voulions, d’ailleurs le seul drapeau PG présent avait été ramené spontanément par une militante sans consigne (je parle de jeudi soir). J’ai trouvé regrettable l’attitude du PCF qui, sans vouloir nécessairement associé Clément Méric à leur organisation, ont voulu se mettre en avant dans cet événement. C’est une stratégie un peu nombriliste, mais on en a l’habitude avec eux. Je pense que l’analyse politique mérite la finesse de nous dissocier de cela. Par ailleurs, nous n’avons pas une fois prétendu que Clément Méric était proche de notre parti. C’eut été maladroit, outrageux et contre-productif. C’est d’ailleurs pourquoi ce n’est pas Mélenchon qui est intervenu à Paris, nous ne voulions pas que cela polarise. L’industrie médiatique a joué son rôle de simplification, accentuée par les accusation du président des JNR sur Mélenchon.
    Par ailleurs, pour ce qui est de samedi, nous revendiquons notre légitimité à combattre le fascisme avec nos mots d’ordre et notre cohérence politique. Elle n’est pas la même que vous, mais il ne s’agit en rien de récupération. C’est une revendication de nos idées, est-ce un tord pour cette manifestation ? D’autant plus que nous avons été accusé d’être responsable du meurtre de Clément Méric.

    – Ensuite la question des médias que j’ai brèvement évoqué. Elle m’écœure tout comme vous. La tentative de victimisation des fasciste, la tribune médiatique offerte aux facho, la condescendance dans le traitement des anti-fa. Tout était fait pour décrédibiliser le camps des anti-fascistes, y compris nous car c’est bien Mélenchon qui a été pointé du doigt par Barbier et par l’association des deux extrême (bien que nous nous défendons de tout extrêmisme, ce n’est pas un mépris pour l’extrême gauche mais plus un respect car nous avons conscience d’être classiquement de gauche).

    Pour les fasciste, je n’ai pas plus de désaccords. Ils profitent d’un boulevard que leur offre la droite et les sociaux démocrates et libéraux. C’est le retour de la maxime « mieux vaut Hitler que le Front Populaire ». Et si le Front Populaire ne vous fait pas rêver on peut être unanime à dire que ce marche pied au fasciste annonce des désastres avenir. C’est nous combattons, comme vous mais avec nos armes et à notre mesure, ces idées et ces groupes.

    Respectons nos engagements communs, il faut se dire les choses, mais ne pas mettre tout sur le même plan. Car le moment venu, quand ce sera nécessaire, nous prendrons les armes (les vraies) ensemble.

  8. Nico. dit :

    Romain,puisque vous parlez des GARI, je me permet une petite citation d’un texte que certains individus de ces groupes ont publié à propos de leur copain anarchiste Puigh Antich, exécuté par la justice fasciste de Franco en 1974 :
    « Ceux qui ne veulent pas être inefficace deviennent inévitablement soit des héros, soit des desperados En général ceux que l’on traite de desperados durant leurs vies, deviennent des héros quand tout danger de s’engager avec eux est écarté, quand ils sont mort, tout cela est extrêmement confortable ». C’est un extrait d’un texte en réponse aux journalistes, en particulier ceux de Libé, qui comparaient les GARI a des fachos et aux partis de gauche, le PC en tête, qui enchaînaient les manifs promenades qui n’aboutissaient malheureusement a pas grand choses…

  9. justin dit :

    [Contre les charognards] Encaisser le choc, Rendre les coups
    By lagentda@no-log.org, 11 juin (Il y a 5 jours)

    *Encaisser le choc, Rendre les coups*

    « « il faut en finir ! », encore une phrase qui fut lancée jadis, aux
    heures tragiques, une parole ramassée dans le lointain de l’histoire, qui
    sort du cimetière des insurgés d’autrefois, pour devenir la devise des
    insurgés de demain. »

    L’assassinat de Clément M. par une bande de fascistes nous a tous touchés
    ces derniers jours, il a provoqué des réactions un peu partout. Trop peu,
    ce n’est pas quinze mille personnes qu’on aurait voulu voir dans la rue
    jeudi soir mais quinze millions.

    Mais disons le crûment : on ne construit rien sur des cadavres, le culte
    de la charogne n’a toujours conduit qu’à édifier de nouvelles cathédrales.
    Nos luttes n’ont besoin ni de saints ni de martyrs laissons cela aux
    cul-bénits. Cela n’enlève rien à la douleur.

    Après la mort d’un individu, il reste un tas de chairs et d’os voués à
    disparaître. Pour autant il ne reste pas rien, les sentiments et les
    passions suscitées par cet assassinat chez de nombreuses personnes sont
    bien réels. La façon dont cette mort résonne chez tout-es cell-eux qui
    subissent la pression et les agressions des groupes d’extrême-droite à une
    saveur acre. Il reste à tout ceux qui l’on côtoyé leurs souvenirs de ces
    instants, et ça personne ne le leur enlèvera.

    La façon dont chacun alimente sa rage et sa révolte avec ses souvenirs et
    ses sentiments, et celle dont il souhaite les partager ne regarde que soi.

    Chaque mort est par essence sans lendemain, mais il reste tout ce qui nous
    entoure. La réalité des luttes qu’on mène et des coups qu’on se mange dans
    les manifestations quotidiennes de la guerre sociale. On a vu beaucoup de
    gens descendre dans la rue, se rassembler sous le coup de l’émotion, et
    c’est très sain. Il y avait plus de monde que d’habitude et c’est bien là
    le problème, on se retrouve à dix quand il s’agit de lutter aux cotés de
    sans-papiers ou de défendre un squat. On ne suscite plus que des regards
    apitoyés ou amusés quand on parle d’essayer une société sans état, ou de
    partager les richesses et le travail.

    Clément est mort on accuse le choc, mais on luttait déjà avant et on
    continuera de lutter contre toutes les formes de domination y compris le
    fascisme. Il ne faut pas se voiler la face, des coups on continuera à en
    manger et des morts sous les coups des fascistes ou de l’état on en verra
    d’autres. Manque de peau. La cicatrice de chaque coup qu’ils nous
    infligent, le souvenir de chaque compagnon dont le cadavre jonche
    maintenant le bas-coté du chemin vers notre liberté ne font que renforcer
    notre rage et notre détermination quand à la destruction de l’ordre social
    en place et de toutes hiérarchies.

    Ce qu’il y à combattre ce n’est pas seulement le fascisme et les
    groupuscules d’extrême-droite au nom de la sauvegarde de la démocratie.
    Mais bien le capitalisme et l’état, les politiques sécuritaires et racistes
    qui sont nécessaires à la perpétuation de la domination et de
    l’exploitation. Il n’est nulle répression qui puisse réparer ce qui a été
    commis, aucune peine même la peine de mort n’a jamais réparé un meurtre par
    une quelconque équivalence métaphysique ou alchimique.

    La vengeance quand à elle, reste à l’appréciation de ceux qui ont un
    affront à venger. Elle est une solution parmi tant d’autres ni bonne ni
    mauvaise, à chacun de juger de sa légitimité et d’en apprécier les
    conséquences.

    Pendant ce temps là ceux qui nous gouvernent, l’état, vont y trouver
    prétexte à renforcer leurs dispositifs de contrôle au nom de la lutte
    contre les « violences extrémistes ». Ils laisseront les violences entre
    groupes « extrémistes » se développer, et en profiteront pour enfermer et
    réprimer tout ce qui dérape. Ils se poseront en chevaliers blancs de la
    lutte antifasciste en faisant condamner lourdement les agresseurs ou en
    dissolvant deux ou trois groupuscules ; eux, qui raflaient pour expulser
    des sans-papiers le jour même à Barbès, rasent les camps de roms,
    quadrillent villes et banlieues avec leurs flics ne font que véhiculer les
    représentations qui font aujourd’hui le lit de l’extrême-droite. Si
    aujourd’hui le fascismes est dans toutes les têtes, c’est aussi de leur
    faute.

    On verra toute une bande journalistes charognards, de politichiens en mal
    d’audience et de récupérateurs divers se disputer le cadavre de Clément,
    pour en tirer quelques bénéfices.

    On les verra appeler à l’unité derrière la bannière d’un front
    antifasciste, et appeler les gens à accepter le dialogue social pour ne pas
    faire le jeu du fascisme et du populisme. La pacification sociale ne cesse
    d’œuvrer. Dans le capitalisme vert, tout est recyclable…

    Il y a un antagonisme irréconciliable entre dominants et dominés qui
    traverse la société. Et lutter contre le fascisme sans remettre en cause le
    capitalisme et l’existence de l’état est aussi inutile qu’un peigne pour un
    skinhead.

    Quand on lutte aux cotés de sans-papiers, pour les squats, contre le
    sexisme et le patriarcat, pour la défense de la terre ou contre la
    marchandise. On attaque ce qui fait le cœur du fascisme comme de la
    démocratie : la domination et l’autorité.

    Non seulement on ne laisse pas prise aux préjugés et à l’atomisation
    sociale qui enferment beaucoup trop d’individus dans la résignation. Mais
    en plus on expérimente et essaie de vivre au quotidien dans nos luttes et
    dans nos cercles, des rapports sociaux horizontaux à mille lieux des de la
    misère de l’aliénation. De cette manière on crée à travers notre présence,
    nos liens et nos affinités, dans les lieux qu’on fait vivre, des espaces où
    la haine des dominés ne se tourne plus vers leur semblables, mais vers ceux
    qui les dominent ou qui contribuent à perpétuer l’ordre social.

    C’est dans la solidarité, le sabotage et la lutte contre toute autorité
    que nous lutterons efficacement contre le fascisme. La mort de Clément a
    été l’occasion de nous retrouver dans la rue, elle nous a rappelé ce
    pourquoi nous luttons. Ne laissons pas ce choc sans lendemain. Car rester
    bras ballants comme un spectateur, c’est laisser aux politichiens et aux
    récupérateurs le soin de régler le problème de l’extrême droite ; et dire
    que le problème se limite à l’extrême droite c’est accepter le système qui
    crée les conditions objectives favorisant ces assassinats.

    Il faut redouter plus le silence des pantoufles que le bruit des bottes.

    Devenons incontrôlables, nous ferons la révolution dans un charivari de
    claquettes.

    Pour l’anarchie…
    —————————————————————————-
    L’Agent Da, ça déménage!
    Si vous souhaitez continuer à envoyer/recevoir
    les infos de L’Agent Da, et si ce n’est pas déjà fait, écrivez nous à
    lagentda.niet@riseup.net.

    En attendant le changement d’adresse début mai,
    l’inscription à lagentda@no-log.org est toujours possible par l’envoi d’un
    simple mail.

    Pour faire vivre l’info des luttes un peu plus longtemps qu’un mail, il
    est vivement recommandé pour sa santé mentale de consulter le blog :
    http://mediatours.noblogs.org/

    Merci de votre attention.
    Les agents Da et Niet.

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