Dheepan, film de Jacques Audiard

En ce moment au cinéma, il y a le dernier film de Jacques Audiard, Dheepan (bande-annonce), qui a obtenu la Palme d’or du festival de Cannes cette année. C’est la deuxième fois qu’Audiard situe son récit en banlieue, après Un prophète en 2009.

Le film a été à la fois très encensé et très critiqué. Il est bien réalisé et quasi parfait d’un point de vue technique. L’histoire d’amour est belle sans être guimauve ou exhibitionniste. Audiard affirme même que cette histoire d’amour est ce qui l’intéresse le plus dans son film, et il a eu l’audace de faire jouer des acteurs non professionnels. Cependant, les critiques de cinéma de gauche comme les Cahiers du cinéma ont dénoncé les clichés du film sur les banlieues, clichés répandus par le FN ou BFM TV. Qu’en est-il vraiment ?

La démonstration est assez convaincante au sens où le film raconte l’histoire d’une famille recomposée de Sri Lankais réfugiés qui fuient la guerre civile, et qui se retrouvent dans une cité parisienne au milieu de dealers représentés comme des cowboys pleins de fric et de grosses voitures. Dheepan, le héros du film ressemble ici à celui qui va faire régner l’ordre, le Justicier, dans une zone de non-droit où la police et les tribunaux sont radicalement absents. Il rechigne au début à jouer ce rôle, mais devant l’enlèvement de sa femme il couve une rage sourde qui le pousse à retrouver ses réflexes de guerrier et à exterminer les dealers cachés dans la tour où sa femme est prisonnière. Justice est faite, un peu à la manière d’Arrow dont nous parlions l’an dernier sur Feu de Prairie. Le héros est là pour remplacer la justice de l’État, absente ou corrompue, par une justice individuelle, privée et proche de l’invulnérabilité.

Affiche du film Dheepan

Affiche du film Dheepan

Le film Dheepan suggère ainsi des raccourcis très problématiques au niveau idéologique : il y a les bons et les mauvais immigrés, la banlieue est une zone de guerre civile dans laquelle aucun espoir n’est possible et aucun individu ou presque n’est fondamentalement bon, il faut s’armer soi-même pour combattre les dealers. Le film a un ton survivaliste qui était aussi celui d’Un prophète. Ce dernier racontait l’histoire d’un banlieusard qui fait de la prison et qui cherche à survivre dans un système entièrement corrompu, en n’hésitant pas à utiliser lui-même les moyens les moins moraux. Une impression de fatalisme social se dégage alors, comme le signale Stéphane Delorme, journaliste et critique de cinéma : on n’échappe pas à nos origines, un guerrier reste un guerrier, un banlieusard reste un délinquant. Seule l’intervention providentielle du héros rétablit l’ordre. En toute impunité qui plus est, puisque le héros n’est pas inquiété après son massacre et coule de beaux jours avec sa famille, forte d’un nouvel enfant.

Nous sommes loin des films de banlieue de Jean-François Richet, État des lieux et Ma 6-T va crack-er, de Mathieu Kassovitz comme La Haine ou même de films moins engagés comme Banlieue 13 de Pierre Morel. Dans ces films, surtout les 3 premiers datant des 90’s, le ton est réaliste, politique, engagé et insurrectionnel, l’imagerie des banlieues est assumée et montre un affrontement avec les forces de l’ordre sans concessions. Dans B13, le style est nettement moins réaliste (projet d’atomiser les banlieues avec une bombe nucléaire) mais le ton est sympathique, puisque l’intrigue du film consiste à déjouer ce plan raciste et exterminateur pour sauver la banlieue.

Que dit le réalisateur, Jacques Audiard, de son film Dheepan ? En réalité il n’aborde pas la question politique, affirmant qu’il est « lâche » face à la politique, et que son film est une pure fiction. Dans une interview sur France Culture, il parle de « cité de cinéma » et nous invite à « échapper au style documentaire, jouer plus fermement la carte de la fiction ». Audiard s’immunise ainsi contre les reproches idéologiques que nous venons de rappeler, se cachant derrière le masque du genre et du cinéma. Nous serons donc prudents avant d’affirmer que le film est ouvertement anti-banlieues, mais rien ne nous empêche en revanche d’évoquer une certaine malhonnêteté intellectuelle qui consiste à utiliser le sujet médiatique et polémique des banlieues pour faire un film sensation (et primé qui plus est), tout en affirmant que ces mêmes banlieues ne sont pas traitées de façon réaliste et politique dans son film. A un moment donné il faut faire un choix entre le documentaire socio-politique et la pure fiction type western ou policier. Sans compter qu’on peut faire des western ou des policiers politiquement engagés et portant un message.

F. T.

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Un commentaire pour Dheepan, film de Jacques Audiard

  1. uio dit :

    Bonjour
    1. En Russie, il n’y a pas d’opposition forte à gauche. Parti Ziouganov – raciste.
    Pourquoi est-ce?
    Réponse.
    a. Composez google site pour russes « Sotchi Darguines » sortira sur le site de la branche Saint-Pétersbourg du parti Ziouganov article de la calomnie raciste gênant Dargin ethnique intitulé «Comment un Caucase russe »
    Assister à celle de la steppe Nogaï (où sont Neftekumsk et du Sud Sukhokumsk) descendants de colons russes (qui Bole que Nogaï indigène) devient inférieure à Darguines
    b. composez le site de recherche Yandex « Magomedov tram » sortira sur le marché russe diffamatoire Caucasophobia
    c. en étroite pour faire la fête le journal de Ziouganov « la Russie soviétique », « article de kavkazofobskaya problèmes de crêtes du Caucase »

    2. Dans les fascistes russes au pouvoir – Jirinovski, ministre de la Tkachev comme un exemple
    Fascistes de la Russie parfois comme evrosoyusche pouvoir aux Etats-Unis, un fasciste Alexeï Navalny a proposé en 2008 de fermer les Tchétchènes et des Ingouches dans le ghetto

    3. Laissez-nous promouvoir l’idée. Seychs presque partout dans le monde l’état donne à une personne à 100% ensemble de droits civils après avoir atteint un certain âge. Il est nécessaire de démolir l’anachronisme médiévale. Les droits devraient être liées au niveau de développement et de bourses d’études

    4. Selon les informations disponibles sur le territoire de Saint-Peterburga, région de Briansk a adopté une ordonnance inconstitutionnelle (l’AKP), selon qui, la nuit sont interdits d’être dans la rue par des personnes de moins de 18 (!) Ans. Cela contredit la loi fondamentale de la Russie – la Constitution, l’article 27 sur la liberté de mouvement. En outre: 1. Sous les gens de droit actuelles ont le droit de commencer à travailler à l’âge de 14 ans, d’avoir des relations sexuelles avec 16 ans, à utiliser les transports publics pour 7 ans. A regarder de plus près, nous voyons que: – La loi ne prohibe pas à temps partiel en privé, comme par exemple, aider dans les travaux de plomberie ou la mise en place du matériel informatique. ACP empêche la mise en œuvre d’un emploi permanent ou à temps partiel, car il est possible de revenir à l’endroit de résidence au travail à temps partiel, à tout moment de la journée – l’AKP prévenir vie sexuelle et personnelle des citoyens, puisque la loi ne soit pas réglementée, ce temps devrait commettre des actes de l’intimité, les actes de l’intimité est autorisé à faire à tout moment, dans un logement, respectivement, ne peut pas être réglée par le retour de la réunion – Les citoyens ont le droit d’utiliser les transports en commun, bien avant 18 ans, respectivement, empêche le retour de l’AKP dans la résidence avec de bonnes liaisons de transport. Et si les trains longue distance en arrivant dans la ville de résidence d’un citoyen dans la nuit? 2. Beaucoup de citoyens sont obligés d’aider les parents âgés, qui sont déplacés à travers la ville 3. citoyens non résidents viennent souvent de retour dans la nuit dans une auberge de jeunesse dans l’étude de la ville de colonies indigènes 4. Les citoyens ont formé une image négative de la police et de l’État dans son ensemble (le risque que les jeunes protestation peut aller à la communauté extrémiste) 5. discrimination contribue à la maladie mentale, aggrave les problèmes sociaux peuvent être un facteur de crimes de dépression et de suicide 6. Le citoyen est pas obligé de porter une montre, des heures et des heures pour être en mesure d’utiliser. Donc, cela est une violation flagrante de national et international. 7. En outre, il est une violation de la Fédération de Russie a adopté le Pacte international relatif aux droits civils et politiques – Articles 2,7,9,10,12,17 pacte (depuis 16 ans, les gens ont le droit à la vie privée), 18,21,22, 26 S’il vous plaît distribuer, écrire à l’Organisation des Nations Unies à la Cour des droits de l’homme, le Président de la Russie, le bureau du procureur de Russie, le comité d’enquête de la Russie

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