Feu sur le quartier général

blog lutte radicale

Actuellement il y a deux grandes tendances politiques dans la société française: la social démocratie, et la réaction. Elles se nourrissent mutuellement dans un contexte de crise généralisée du capitalisme. La première, on en a déjà beaucoup parlé ici. C’est une impasse mortifère. L’arrivée au pouvoir de gouvernements sociaux-libéraux dans différents pays d’Europe, dont celui de François Hollande, sont l’aboutissement logique de l’instabilité politique et des contradictions de la bourgeoisie. Il représente en France la décomposition de la pensée républicaine, libérale, universaliste, et n’a plus rien à proposer. Les sursauts de cette « gauche » que nous classons dans nos adversaires tient plus d’un hasard de l’Histoire que d’un grand renouveau… Le bateau coule et autant dire qu’on est pas dessus: impérialisme républicain, restructuration économique, racisme d’état, négation de la lutte des classes, nous n’avons rien à voir avec ces gens. Quant au mouvement alter-mondialiste, syndical – et ses ersatz divers tels que le PCF et les trotskistes, qui veulent « pousser sur la gauche » la social-démocratie, il se fourre une poutrelle dans l’œil. Ce mouvement vit dans les années 90 (ou 70?): il mobilise sur des thèmes économiques pour tenter d’obtenir des victoires défensives, dans une période où ces revendications sont absolument impossibles. Ainsi les travailleurs qui écoutent encore ces groupes sont poussés au gré des mobilisations syndicales de défaite en défaite.

En face, l’heure est par contre à l’offensive. Le mouvement de masse réactionnaire avance en même temps que l’impossible restructuration économique de la société. Les droites nous font beaucoup écrire car elles ne cessent de nous surprendre dans leur abjection. Nous avons un intérêt particulier pour la surveillance de la lâcheté nationaliste, au romantisme faf en contradiction complète avec ses actes abjects. Tout chez eux n’est que magouilles, opportunisme, utilitarisme. Ceux qui faisaient hier des autodafés mettent aujourd’hui en avant Fahrenheit 451. Ceux qui répandent le racisme en montant en épingle des faits divers appellent sans cesse à la guerre du tous contre tous, menaçant de viol une militante ici, défendant un lynchage ailleurs. Cette vermine dont on trouve l’écume dans les commentaires des grands journaux en ligne représente le fascisme de base qui a été le socle de la Collaboration en France: de bons français, un peu lâches face à l’ordre établi, fantasmant sur le roman national, prêts à se lâcher en meute sur l’étranger, le différent, l’autre. Prêts à dénoncer, à obéir, à liquider, à hurler avec les loups. Le pire étant peut être qu’ils se croient subversifs… Des pans de plus en plus importants des classes moyennes terrifiées par le déclassement basculent ainsi dans le fascisme sordide, transformant des crimes atroces en actes héroïques, envahissant les réseaux sociaux et les médias. « Si l’on était antisémite par volonté patriotique, on le serait par simple sentiment de l’opportunité », disait Charles Maurras. Diviser pour mieux régner: la bourgeoisie a tout compris. Frantz Fanon disait quant à lui en s’adressant aux noirs: « Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » Car accepter une division dans le peuple, c’est ouvrir la porte à toutes les autres.

Cette descente vers le fascisme s’accompagne bien sûr du renforcement de l’appareil étatique répressif. Celui qui n’a pas été cassé par l’éducation républicaine, que l’on a pas encore réussi à rendre honteux de son passé de colonisé ou de prolétaire, on le tue à la tâche, on réduit ses loisirs à de la consommation, on l’enferme dans la misère culturelle et, si ça ne suffit pas, c’est la tôle ou les balles dans le dos. La lutte contre le fantôme terroriste pour le militaire mobilisé en permanence (alerte Vigipirate depuis combien de temps?) ou pour le flic n’est pas opposée à la dénonciation du juif par le complotiste ou du musulman par le faf. Elle le complète. Pour éviter l’explosion sociale, les mesures se succèdent prudemment, comme dans l’histoire de la grenouille plongée dans une eau dont on augmente lentement la température. Le peuple sera-t-il ébouillanté sans choc majeur?

Nous ne le pensons pas.  Face à toute cette pourriture, toute cette décomposition sociale, ces discours dégueulasses de division que l’on entend partout, nous n’allons ni baisser les bras ni tendre l’autre joue. Nous défendons une solution radicale. Une bonne révolution culturelle contre les idéaux réactionnaires serait salutaire; le retour de bâton populaire ne peut être qu’impitoyable. Celui qui crache sur les roms, les arabes, les homos ou les révolutionnaires, sur son plateau télé, sa chaire ou son compte youtube, n’est pas un « libre-penseur », c’est un criminel. Les mots ont des conséquences, la vie n’est pas neutre et nous prenons position contre cette boue. Face à la barbarie il n’y a pas de compromis, pas de tergiversation républicaine, pas de jeu parlementaire qui tienne. Notre démocratie n’est pas la leur. Nos intérêts sont antagoniques. C’est donc eux ou nous. Quand nous avancerons, ils disparaitront.

Seb

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