Besoin de révolution?

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Les récents sondages affirment qu’une grosse majorité de la population française pense qu’une explosion sociale va se produire cette année. C’est particulièrement vrai dans la classe ouvrière, alors que les professions libérales et le patronat y croient naturellement moins. A Feu de Prairie nous ne sommes pas très sondages mais vous pourrez trouver les chiffres assez facilement: l’intérêt étant plutôt d’étudier la tendance générale qui se dégage.

Penser qu’un mouvement d’ampleur va avoir lieu, c’est aussi le vouloir. Et puisque les médias et « l’opinion public » s’auto-alimentent dans notre dictature du soft power, il faut comprendre d’où viennent les idées subversives qui traversent des consciences bourgeoises jusque là plutôt tournées vers la solution électorale.

Marx puis Gramsci, ainsi que d’autres penseurs, ont expliqué comment les idées dominantes dans une société sont produites et diffusées par la classe sociale qui est au poste de commande. La question de l’hégémonie culturelle est très important pour comprendre comment historiquement des parties de la population dont les intérêts divergeaient du pouvoir en place l’ont soutenu. L’Église a servi de relais à la défense de l’Ancien Régime dans la paysannerie pendant la Révolution française, par exemple. Actuellement nous sommes à l’aire des monopoles, de l’impérialisme. Les états qui en ont les moyens étendent leur marché en s’affrontant (souvent indirectement pour éviter des conflits généralisés fragilisant leur stabilité: les deux guerres mondiales ont été bien assimilées) et en asservissant d’autres pays, dont les peuples sont maintenus dans la misère. Au niveau idéologique, hors de la voie révolutionnaire, il y a deux grandes tendances dans les pays européens: la social-démocratie et la réaction, incluant le fascisme.

La social-démocratie est représentée en France par « l’aile gauche » du PS, certaines organisations d’extrême gauche, la majeure partie du mouvement syndical et bien sûr le Front de gauche qui théorise cette politique. Leur projet est keynésien, il voudrait relancer « l’état social » contre l’austérité. En fait dans la situation de crise généralisée que l’on traverse, ces politiques ne peuvent être appliquées, les « Trente Glorieuses » sont passées depuis longtemps. C’est donc une impasse terrible, qui se cherche des modèles (Die Linke, Chavez, la Norvège, Jaurès, peu importe) et patine dans une dénonciation très limitée de la « finance » et des « banques » comme cœur du capitalisme, menant dangereusement à la réaction.

Car de l’autre côté il y a un mouvement réactionnaire fort et très organisé qui est apparu au grand jour avec les « manifs pour tous ». La droite historique, la grande et la moyenne bourgeoisie, sont dans la rue aux côtés de néofascistes, d’identitaires, de nationalistes-révolutionnaires divers… L’alliance et la légitimation des éléments radicaux se fait « par la base », leur permettant d’avoir une aura plus importante que leur force réelle (quelques centaines de militants dans toute la France, hors FN). Le fascisme apparait petit à petit comme une option valable pour la bourgeoisie voulant défendre son pouvoir, avec de fortes capacités répressives, un discours mobilisateur et très peu de concessions sociales à faire (facile de dénoncer les « banquiers apatrides », les patrons français eux peuvent se la couler douce!).

Il y a donc une mobilisation massive de ces classes sur des mots d’ordre ultra-réactionnaires, avec comme horizon la création d’un front large pour la prise du pouvoir (visible dans les slogans comme dans l’organisation des manifs). Et d’un autre côté, il y a toutes les forces décrépies de la social-démocratie historique rêvant d’un « troisième tour social » ou d’une « sixième république » (et pourquoi pas la 38° aussi?). Celui ci aura certainement lieu au vu des accords sur le travail, l’éducation ou les retraites passant en ce moment à l’assemblée pour restructurer lourdement l’état français. Mais puisque la social-démocratie n’a absolument rien à proposer, il ne faut rien attendre d’une organisation « par le haut » de mouvements sociaux.

C’est ainsi qu’un sondage amalgame les deux tendances contestataires, et leurs revendications bien différentes, donnant l’impression d’une contestation générale du système en place (ce qui est vrai) qui mènerait à un mouvement unifié de protestation (ce qui est délirant). Certains en rêvent… D’autres se préparent à la lutte contre la réaction et à l’effondrement de la social-démocratie. La seule voie viable face à ces deux tendances est ailleurs, c’est l’organisation à la base pour la révolution.

D.

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