Solidarité de classe?

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Pompiers et serruriers ont rejoint cette semaine le mouvement social contre les expulsions de propriétaires surendettés en Espagne, une question très sensible dans l’opinion publique notamment après le suicide de plusieurs personnes qui ne pouvaient faire face à leurs dettes. Depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, 350.000 ordres d’expulsions ont été lancés par les banques dont environ la moitié ont été exécutés. Ces derniers jours, les pompiers de plusieurs régions, ainsi que l’Union des serruriers, ont refusé de répondre à des ordres de la justice qui leur demandaient d’ouvrir les portes de logements pour en expulser les occupants.

“On ruinait la vie des familles et on nous transformait en bourreaux. Cela nous mettait très mal à l’aise et nous avons décidé de ne plus participer à cela”, a expliqué le président de l’Union des serruriers. Mardi passé, dans la ville de La Corogne en Galice, face au refus d’un serrurier, la police a fait appel aux pompiers pour ouvrir la porte de l’appartement d’une femme de 85 ans qui n’avait pas payé son loyer. Mais les pompiers, arrivés sur les lieux accompagnés de dizaines de militants anti-expulsions, ont à leur tour refusé d’ouvrir la porte et quelques-uns se sont mêlés aux manifestants.

Secours Rouge – APAPC

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2 commentaires pour Solidarité de classe?

  1. Tom dit :

    bonjour camarades

    quelle belle photo! je ne comprends pas pourquoi vous mettez un point d’interrogation après « solidarité de classe ». Parce que ce sont des pompiers (agents de l’Etat avec rôle répressif) et des serruriers (gens qui travaillent à leur propre compte et qui aident les condés) j’imagine, et là d’accord peut-être, oui, un point d’interrogation.

    c’est peut-être « hétérodoxe », mais j’ai l’impression que les attitudes de classe comme la solidarité avec des victimes du système (je ne parle pas de charité ou de condescendance ou de manoeuvres) peuvent aussi venir de gens qui sont un poil plus haut socialement que les gens au bord du gouffre, je pense que ces attitudes viennent quand les individus sentent qu’il y a entre eux quelque chose de plus fort que leurs seules individualités additionnées, quand frappe à la porte de leurs sentiments la dimension sociale de l’existence.

    • feudeprairie dit :

      Salut camarade, oui c’est tout à fait vrai. Quand des gens qui ne sont pas directement au bord du gouffre (comme tu dis) se mobilisent dans une logique de classe en solidarité avec ceux qui sont déjà profondément dans la misère, c’est un signe fort, très positif. Cela veut dire qu’on va dépasser l’attitude de repli du style « eux sont dans la merde pour une raison X, mais moi j’ai encore quelques privilèges, si je reste à ma place et courbe l’échine j’éviterai peut être l’orage ». C’est cette conscience qui manque aujourd’hui à une grosse partie de la petite bourgeoise en voie de déclassement en France.
      Concernant le point d’interrogation, il est là pour attirer, pour demander « quelle est la réalité de ce concept? », et l’article lui répond avec un bel exemple. Pourtant tu fais remarquer à juste titre qu’il y aurait beaucoup à dire sur le rôle social habituel des pompiers (ce n’est pas pour rien qu’ils sont envoyés dans les quartiers prolos « chauds » à la place des flics ou comme éclaireurs!). Un article pourrait être fait à ce sujet. Si le cœur t’en dit…!

      D. pour FdP

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