The Host – Cette société crée des monstres… Qui nous en débarrassera, à part nous mêmes?

the host

The Host (Gwoemul en VO) est un filmé sud-coréen réalisé par Bong Joon-ho, sorti au cinéma en 2006. Grosso modo, l’histoire est la suivante: des militaires américains présents sur une base en Corée du sud décident de balancer dans le fleuve Han tout un tas de produits passablement toxique. Quelques temps plus tard, cela entraine la mutation d’un poisson qui se transforme en un bon gros monstre amphibie, dans la plus pure tradition des films du genre. Il commence à semer la panique sur les berges du fleuve, et lors de sa première apparition, il entraine avec lui la fille d’un petit commerçant un peu demeuré, Park Gang-du (joué par l’excellent Song Kang-ho). Celui ci sait que sa fille est encore en vie, mais à part sa famille, personne ne le croit: au contraire, on cherche à l’arrêter pour éviter une supposée contamination due à un contact avec le monstre. Park se lance alors à la recherche de sa fille avec son vieux père, son frère chômeur et sa sœur championne raté de tir à l’arc.

Hormis l’aspect très divertissant du film et la qualité des acteurs, cette œuvre contient des références politiques intéressantes, qui ont contribué à son succès. En effet, l’histoire de la contamination du fleuve n’est pas inventée: elle fait suite au scandale provoqué en 2000 quand la presse a révélé qu’un entrepreneur américain liée à l’armée avait balancé d’énormes quantités de produits toxiques dans le fleuve Han. Cela a entrainé une controverse quant à la présence des bases américaines en Corée du Sud responsables d’important dégâts. Il y a aussi la présence d’un « agent jaune » employé pour combattre le monstre dans la droite ligne de « l’agent orange » américain utilisé comme défoliant pendant la guerre du Vietnam: celui ci étant à l’origine d’une autre catastrophe écologique.

Bong Joon-ho assume le message politique du film sur des bases écologistes et anti-impérialistes. En allant plus loin, on a une critique sociale intéressante puisque les seules forces à même de combattre le « monstre » représentant les conséquences de l’écocide capitaliste sont la famille du personnage principal. Et cette famille symbolise non pas la société civile mais les classes populaires. Des rebuts du système en apparence n’ayant pas « réussi leur vie »… Et pourtant, la seule force vraiment positive, capable de faire changer les choses. L’État, sa police, son armée, prétendent défendre la population: ils ne font que bloquer et réprimer le besoin de changement porté par les classes populaires. La scène finale vue dans cette perspective porte une très forte symbolique.

The Host est donc un film agréable à voir, amusant, bien réalisé et plutôt intelligent dans l’image qu’il donne de la société sud-coréenne moderne et de ses profondes contradictions.

D.

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