Sur les murs

Les fascistes italiens de Casapound, grande source d’inspiration de l’extrême droite française, organisent fin novembre une nouvelle mascarade dont ils ont le secret et qui serait une farce si elle n’était pas tragique.

Objectif déclaré: faire trembler « la finance, les banques et l’usure » en battant le pavé de Rome tel Mussolini et ses chemises noires il y a 90 ans.

Objectif réel: compter ses forces pour se préparer à casser les mouvements sociaux authentiques, les révoltes des travailleurs, et tenter de recevoir un soutien passif ou actif de la grande bourgeoisie – reconnaissance par ses médias, sièges, d’élus, postes…

On retrouve en vrac tout ce qui fait un évènement fasciste réussi. Le mépris total du peuple pour commencer. Le 14 novembre, la grande journée d’action européenne contre l’austérité, première étape d’une lutte de masse prolongée (on l’espère) est vue par ces rats comme une « mobilisation d’extrême gauche » sans importance. Il est vrai qu’ils n’y étaient pas les bienvenus, quand on connait les liens quasi-mafieux entretenus par les néofascistes avec le pouvoir en place, et notamment avec le centre-droit (connivence d’ailleurs dénoncée efficacement par nos camarades italien du groupe Militant). On a également la victimisation. La « gauche et l’extrême gauche » (ça ne veut rien dire mais passons) voudraient faire interdire la manifestation. Snif snif. Si les rats de Casapound ne se rendaient pas régulièrement coupables d’agressions lâches et violentes sur des militant(e)s progressistes, on pourrait presque y croire. Qui est le vrai chien de garde du système? Ensuite, le discours cible avec un idéalisme revendiqué des « grands méchants » personnifiés: banquiers, politiciens, etc. Ok, tout le monde les déteste, et? Une telle manifestation est le meilleur moyen de ne surtout pas remettre en cause le modèle économique actuel pour faire croire que l’ennemi n’est pas le flic ou le patron combattu au quotidien, mais le « bankster » intouchable, contre lequel on ne peut rien. Enfin, la contestation est logiquement poussée sur une voie de garage, à savoir le vote. Les grands rebelles de Casapound montrent ici leur vraie nature, une constante de l’extrême droite italienne: ils ne cherchent qu’à avoir des postes, à se placer, voilà leur « direction révolutionnaire ». Alors que le système montre tous les jours son aspect anti-démocratique et anti-populaire, ici comme là bas, l’extrême droite refuse de le frapper. Au contraire, elle remplit sa mission historique en jetant toutes ses forces dans la bataille pour le protéger. La boucle est bouclée.

L’identité révolutionnaire authentique se crée dans la confrontation quotidienne avec l’état et ses institutions, pas dans la soumission à ses lois ni dans les cheminements tortueux des réseaux d’influence. Une réalité que nos camarades transalpins assument.

D.

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