Carnaval

Nous publions ici un article de fond de nos camarades du Laboratoire d’Urbanisme Insurrectionnel au sujet de Carnaval, repassant en revue l’histoire de cette fête et l’analysant. Comme d’habitude l’article complet est en lien, en cliquant sur l’image.

Carnaval, culture populaire et urbaine, n’était pas seulement divertissement, liberté impunie de moeurs ou débordement salutaire, concédés aux « mauvais penchants » de la nature humaine. Carnaval comme son ancêtre la fête des Fous, étaient, par le rire et la parodie, capacité perpétuelle de postuler un monde divers et nouveau, et jusqu’à la Renaissance, était l’expérience du « monde renversé » où disparaissent pour un temps les hiérarchies sociales, où étaient parodiés et ridiculisés sur la place publique les puissants et les gens d’Église.

Carnaval contient, en son fondement populaire, bien des éléments propices au mouvement insurrectionnel ; on relèvera la grande figure du détrônement, la violence et la licence, l’esprit de satire et aussi l’utilisation du masque et du déguisement, qui n’est pas seulement un instrument parodique et critique mais qui favorise aussi les menées anonymes. Autant d’éléments qui peuvent trouver dans la révolte leur point d’application et participer aisément d’une tentative de renversement de l’ordre. Au cours des temps, les pouvoirs l’ont d’ailleurs compris et ont toujours tenté soit de contrôler soit de limiter ou d’interdire carnaval, comme à Paris.

Cela ne signifie pas cependant que le rituel carnavalesque soit foncièrement subversif et menace les pouvoirs et l’ordre social. Ce dont les pouvoirs et l’Eglise s’alarment et ce qu’ils répriment, c’est avant tout son aspect transgressif (au sens d’une atteinte à la morale). Or, le passage de la transgression à la subversion ne se produit que dans des circonstances particulières, à la faveur de certains événements. On découvre aujourd’hui que ce passage s’est opéré en différents lieux et en différentes occasions dans le passé dont notamment à Bâle en 1529 , à Romans en 1580, à Bordeaux en 1651, et indirectement lors de la Révolution de 1848 à Paris.

Laboratoire d’Urbanisme Insurrectionnel

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