Lutte populaire à la Réunion

La Réunion est en feux: après trois semaines de mouvement social, les nuits sont illuminées par le feu des émeutes. La contestation des chauffeurs routiers contre la hausse du prix du carburant a largement débordé, et les magasins de luxe sont maintenant pillés. Deux gendarmes ont été blessés lorsque la gendarmerie mobile a été envoyé pour réprimer. Un policier s’est aussi fait exploser une grenade dans la main (blessure que la plupart des médias attribuent à une « violence des émeutiers…). La mécanique bien rodée de la répression est déjà en marche – 31 personnes ont été arrêtées à la Réunion.

Évidemment, le gouvernement est terrifié par la perspective d’un nouveau 2009, en référence aux protestations contre la vie chère qui avaient dégénéré. Le PS et l’UMP se renvoient la balle: les factions de la bourgeoisie tremble face à un simple mouvement spontanée. Les médias jouent leur rôle, en allant interviewer les responsables étatiques locaux, nous expliquant gentiment qu’on a affaire à une minorité de casseurs fous, que c’est pour voler des cigarettes et faire la fête, que de pauvres flics ont été molestés… Une propagande aussi grotesque est plus drôle qu’autre chose. Nous espérons que tous ces gens s’achèteront des calmants dans les plus brefs délais: il suffit de prendre un peu de recul pour constater qu’au vu de la crise mondiale touchant de plein fouet les pays impérialistes, et de la pénurie de carburant pouvant rapidement subvenir en cas de conflit inter-étatiques, la contestation actuelle n’est qu’un échauffement face à l’immense vague de colère populaire qui déferlera mondialement dans la prochaine décennie.

Et cette colère se fera en particulier sentir dans les colonies de la France, que ce soit les officielles comme la Réunion ou les officieuses comme tous les pays que la France exploite économique, dont elle pille les matières premières et dont elle régente la vie politique. Un changement de pouvoir dans notre état passera nécessairement par la compréhension de cette question et par la lutte prioritaire contre notre impérialisme, qui ajoute son joug à celui de l’oppression classique du système économique capitaliste en phase terminale, détruisant avec une violence particulière la vie des peuples.

Le mouvement actuel, prétendument contre « la vie chère », est constitué majoritairement de jeunes chômeurs, ainsi que de travailleurs venus des secteurs économiques les plus touchés par la crise. Vie chère… Comment pourrait il en être autrement dans un système ne visant pas à l’amélioration des conditions de vie, ni à la répartition égalitaire du travail, mais seulement à l’extraction de bénéfices, le capital?

Les partis institutionnels ne comprennent pas. Ils ne peuvent pas comprendre que c’est leur base même qui est attaquée. Notre camp, celui du peuple, lui seul peut comprendre. Nous ne souhaitons pas la condamnations des casseurs. Nous ne souhaitons pas non plus comme la « gauche » parlementaire la paix sociale et la conciliation. Nous souhaitons que le mouvement se radicalise, qu’il s’organise, et qu’il fasse trembler le pouvoir.

Cet article, publié dans Actualité de la lutte et rapports de force, Analyse, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s