Déjà, il y a 45 ans…

Tout semble indiquer que la paix, cette paix précaire à laquelle on n’a donné ce nom que parce qu’aucun conflit mondial ne s’est produit, est de nouveau en danger de se rompre contre une initiative irréversible, et inacceptable, prise par les Américains.

Et à nous, les exploités du monde, quel est le rôle qui nous revient ? Les peuples de trois continents observent et apprennent leur leçon au Vietnam. Puisque les impérialistes, avec la menace de la guerre, exercent leur chantage sur l’Humanité, la réponse juste c’est de ne pas avoir peur de la guerre.

Attaquer durement et sans interruption à chaque point de l’affrontement doit être la tactique générale des peuples.

Mais, là où cette paix misérable que nous subissions a été brisée, quelle sera notre tâche ? Nous libérer à n’importe quel prix .

Le panorama du monde offre une grande complexité. La tâche de la libération attend encore des pays de la vieille Europe, suffisamment développés pour ressentir toutes les contradictions du capitalisme, mais si faibles qu’ils ne peuvent pas suivre la voie de l’impérialisme ou s’y engager.

Là les contradictions atteindront dans les prochaines années un caractère explosif, mais leur problèmes (et par conséquent leur solution) sont différents de ceux de nos peuples dépendants et économiquement arriérés.

Le principal champ d’exploitation de l’impérialisme embrasse les trois continents arriérés : l’Amérique, l’Asie, et l’Afrique. Chaque pays a ses caractéristiques propres, mais les continents dans leur ensemble les présentent aussi.

L’Amérique constitue un ensemble plus ou moins homogène et dans presque tout son territoire les capitaux monopolistes américains maintiennent une primauté absolue.

Les gouvernements fantoches, ou, dans le meilleur des cas, faibles et timorés, ne peuvent s’opposer aux ordres du maître yankee.

Les Américains sont parvenus presque au faîte de leur domination politique et économique et ils ne pourraient guère avancer désormais ;mais n’importe quel changement dans la situation pourrait se changer en un recul de leur primauté.

Leur politique est de conserver ce qu’ils ont conquis. La ligne d’action se limite actuellement à l’emploi brutal de la force pour étouffer les mouvements de libération , quels qu’ils soient.

Le slogan :  » Nous ne permettrons pas un autre Cuba « , dissimule la possibilité de commettre impunément des agressions, comme celle perpétrée contre la République dominicaine, ou précédemment, le massacre de Panama, et le clair avertissement que les troupes yankees sont disposées à intervenir n’importe où en Amérique où l’ordre établi est troublé, mettant en péril les intérêts américains.

Cette politique bénéficie d’une impunité presque absolue ; l’OEA, pour discréditée qu’elle soit, est un masque commode ; l’ONU est d’une inefficacité qui confine au ridicule et au tragique ; les armées de tous les pays d’Amérique sont prêtes à intervenir pour écraser leurs peuples. De fait, l’internationale du crime et de la trahison s’est constituée.

Par ailleurs, les bourgeoisies nationales ne sont plus du tout capables de s’opposer à l’impérialisme ( si elles l’ont jamais été) et elles forment maintenant son arrière-cour. Il n’y a plus d’autres changements à faire : ou révolution socialiste ou caricature de révolution.

Che Guevara – Message à la Tricontinentale (1967)

 

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Un commentaire pour Déjà, il y a 45 ans…

  1. AntiNazi dit :

    Un visionnaire….

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