Il y a 38 ans

Connaissez vous Luis Carrero Blanco ? C’était un général espagnol, nationaliste et monarchiste, qui servait dans la marine au moment du « pronunciamiento » (la tentative de coup d’état militaire menée par les généraux espagnols, dont Franco, contre la République populaire, en 1936).

De par ses idées, il rejoint rapidement le camp des fascistes et sut ne pas être trop ambitieux, ce qui lui permit de survivre aux projets de Franco. Une fois ce dernier au pouvoir, il devint ministre, amiral, puis vice-président. Il s’oppose à l’entrée de l’Espagne dans l’Axe lors de la seconde guerre mondiale, ce qui leur évitera d’être balayés dans la défaite des nazis (les « démocraties » libérales étant assez sélectives dans leurs libérations). Ses opposants le surnommaient l’Ogre, pour sa brutalité. Tout laissait croire en 1973 qu’il serait le successeur de Franco et qu’il permettrait à la dictature espagnole de poursuivre sa route, avec le soutien de l’Église et de l’armée.

Or à cette époque, le peuple de l’état d’Espagne, bien qu’opprimé par 34 ans de dictature militaire (avec son lot de disparitions d’opposants, de massacres de masse et de torture, en plus de l’absence de liberté sociale), bougeait de nouveau. C’était notamment le cas au Pays Basque qui avait été particulièrement réprimé par les franquistes, à cause de son desir d’indépendance et le développement d’un mouvement progressiste populaire. Et dans cette région une nouvelle organisation se développait, portée d’abord par des théoriciens étudiants, puis par des travailleurs, des paysans, des ouvriers: ETA. Un de ses principaux théoriciens était connu sous le nom d’Argala (un article récent de notre site lui était consacré). C’est lui qui décida de tester la réaction du ministre franquiste aux explosifs, ce qui fut fait le 20 décembre 1973; la Dodge Dart de Carrero Blanco était conçue pour résister à des milliers de kilos d’explosifs, mais pas pour protéger ses passagers d’un saut à 20 mètres de haut… Ce qui en fit, selon le dicton populaire, le « premier astronaute espagnol ». Les anti-franquistes ne manqueront pas d’ajouter lors des manifestations: « Franco, plus haut que Carrero ! »

ETA justifia son action en expliquant que depuis 1951, Carrero Blanco était la figure même du pur franquiste, notamment de par ses liens avec l’Opus Dei qu’il favorisa aux postes de pouvoir. Il mis en place un état à l’intérieur de l’état grâce à ses réseaux, ses informateurs et sa police. Il contrôlait ainsi de larges pans de l’armée, des institutions, de l’Opus Dei, de la Phalange. Julen Agirre, dans « Operation Ogro », ajoute que c’était un élément irremplaçable du franquisme de part sa capacité à maintenir l’équilibre interne du régime oligarchique.

Les fascistes tentèrent de se venger en assassinant Argala en France, à Anglet, en 1978.

Cet article, publié dans Histoire, Humour, est tagué , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s