Faut-il démystifier Fight Club ? ( Partie 1 )

C’est la question qui se pose, et que l’on doit se poser vis à vis de ce film et du livre du même nom. On ne peut pas nier que Fight Club est un film dévastateur, un film critique, un film noir, un film subversif. Mais dois t-on vraiment idolâtrer cette oeuvre, basé sur un livre de Chuck Palahniuk, qui se trouve à mi-chemin entre un nihilisme profond et la tentation de radicalement changer le monde ? La question est ouverte et c’est – sans aucune prétention – que je vais essayer de donner mon point de vue sur cette oeuvre, qui m’a inspiré et qui sincèrement, continue encore d’inspirer bon nombres de personnes pouvant voir ou lire cette oeuvre.

Commençons par le livre, écrit comme mentionné au dessus, par Chuck Palahniuk. Si vous faîtes des recherches sur cet auteur, vous pourrez lire qu’il est d’une famille modeste, de parents divorcés. Il étudie le journalisme, essaye de publier un journal et travaille comme mécanicien de moteurs diesels chez Freightliner ! Bref, un gars comme tout le monde en sorte, qui va voir sa carrière littéraire explosé par l’écriture de Fight Club. Il est alors assimilé au mouvement d’Anticipation Sociale, un mouvement comptant des auteurs comme G.Orwell ou encore H.G Wells, Aldous Huxley et Franz Kafka. Ce qui est assez déroutant chez cet auteur, c’est son style d’écriture, fait de répétitions et de phrases assez courtes, essentiellement verbales. Pourtant, le livre peut se lire assez facilement et si vous vous mettez bien à l’aise, vous pouvez le finir en quelques jours.
Mais ce n’est pas le livre qui a apporté à Fight Club son grand succès, c’est l’adaptation cinématographique de celui-ci, sous la direction de David Fincher. En fait, pour ceux qui ont lu le livre, ils se rendront compte que son adaptation en forme visuel est beaucoup moins violente et décousu, dans le sens où dans le livre, il y a énormément de flash-back et d’ellipses, ce qui n’est pas facile à réaliser dans un film. On peut cependant dire que l’aspect visuel du film – il faut savoir que David Fincher est un spécialiste de l’image – est quand même époustouflant et nous plonge assez fortement dans l’action et le déroulement de l’histoire. Il paraîtrait qu’il ai eu des ennuis avec ce film, jugé trop « politique », ouvertement anarchiste, nihiliste, pro-homosexuel voir proto-fasciste pour d’autres.

Un récapitulatif rapide de l’Histoire : Le narrateur, Jack, interprété par Edward Norton est un gars lambda, qui travaille dans une compagnie d’assurance couvrant les risques d’accidents de la route. Ce gars, il s’emmerde dans sa vie. Il déteste justement sa vie, il est insomniaque, il passe son temps à acheter des meubles chez Ikéa, pour être « le plus complet possible ». Il passe son temps à voyager de villes en villes, il en a ras le bol. Dans le film, on sent dès les premières minutes, cette tentation palpable : Le Vieux Monde est entrain de se liquéfier, par faute de révolution. Devant cette vie qui l’ennui au plus haut point, il décide d’aller à des réunions d’hommes, le plus souvent atteint de maladies diverses, comme l’ablation des testicules, des cancéreux ou autre. Il y trouve son bonheur, il peut enfin se lâcher, pleurer, parce qu’il trouve la chose qui lui manquait : Se faire écouter, être au centre de toutes les attentions. Mais, cela est bousculé par la rencontre d’une femme, Marla Singer, joué par Helena Bonham Carter, qui est le fil déclencheur de toute l’histoire : Elle l’obsède, il ne peut plus se contenter de ces réunions tant qu’elle est là.

C’est la rencontre qui va déclencher l’ensemble du film, puisque la rencontre qu’il fera avec Tyler Durden, interprété par Brad Pitt, n’est en fait que secondaire dans le déroulement des évènements. Il le dit au tout début film : « Et brusquement, je me rends compte que tout ceci – le flingue, les bombes, la révolution -est lié d’une certaine manière à une femme du nom de Marla Singer » Mais cette rencontre avec Tyler Durden, est vraiment jouissive et contraste complètement avec le narrateur : Un mec bien habillé, une belle gueule, une prestance, une assurance qui manquent complètement à Jack. Tyler est un peu le mixe entre un gourou anarchiste et une grande gueule individualiste. Suite à l’incident de son appartement, le narrateur décide de rejoindre Tyler dans un bar, ils discutent longuement et ce dernier commence à lui ouvrir les yeux : On est des consommateurs, on pleure pour nos objets qui n’ont aucun importance, le volonté d’être complet et parfait … « Les choses que l’on possède finissent par nous posséder ». Quoi de plus vrai, n’est-il pas ? De leur rencontre, va naître sur le parking du bar, le fameux Fight Club, où des hommes de toutes les conditions vont se battre, oublier leurs vies, se cogner dur pour retrouver une fierté oubliée, mis de côté par une société qui ne cherche qu’à nous rendre docile.

Tout le monde connait les fameuses règles, qui sont contradictoires mais résument assez bien toute l’intrigue de l’histoire, aussi bien dans le film que dans le livre : Bourré de contradictions, le Fight Club est voué à disparaître et à être un échec, ni plus ni moins.

G.P

Cet article, publié dans Littérature et bande dessinée, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Faut-il démystifier Fight Club ? ( Partie 1 )

  1. FuckNazis dit :

    Je vais le regarder bientot t’abuses un peu j’ai pas lu le livre en entier mais des extraits et tu te contredis un peu la, tu dis d’abord que c’est hyper vendu et une reussite, puis tu finis en disant que c’est un echec.. Echec par rapport a qui, a quoi ?? Pour moi, le livre du moins fait reflechir, et deja pour cette raison il n’est pas un echec. Quant au film je pourrais te dire en fin de semaine prochaine ce que j’en penses. On n’est pas force d’agreer aux theses, si on agree a ce que l’auteur denonce.
    Salutations communistes et antifascistes.
    A.D.

    • feudeprairie dit :

      L’article n’est pas de moi mais de G.P.
      Son propos n’est pas contradictoire, quand il parle d’échec il parle du fight club dans le livre, par son aspect nihiliste; pas du livre lui même qui en effet a été un grand succès comme le film, attention 😉

      D.

    • feudeprairie dit :

      Désolé, je me suis mal fais comprendre.
      Je voulais dire que le film et le livre sont pour moi, vraiment deux outils subversifs. D’ailleurs je pourrais en parler dans la suite, mais dans le livre, on t’explique comment faire des bombes artisanales … Ce que je voulais dire dans ma micro conclusion, c’est que le Fight Club en tant que club de combat, avec ses règles, ses buts, est voué à être un échec, puisque ce que dénonce le Fight Club, le Fight Club le reproduit avec Tyler, avec les pratiques aliénantes qui devraient mettre à mort la société aliénante. C’est un échec, à cause de son nihilisme, de son machisme et de sa dérive quasiment fasciste sur la fin. Mais j’y reviendrais, quand j’écrirais la seconde partie.

      Encore désolé si je me suis mal fait comprendre.
      Fraternité libertaire.
      G.P

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s