A la surprise générale…

Nous sommes à l’époque de l’impérialisme, dernier stade de développement du capitalisme avant son effondrement. Pour agrandir son aire le capitalisme conquiert de nouveaux marchés, entraînant guerres et spéculations juteuses, mais en mondialisant l’injustice il prépare aussi le terrain pour la révolution internationale… Voici un texte fondamental pour comprendre le point de vue marxiste concernant le mode de production capitaliste de notre période.

Autant dire que si c’était déjà très pertinent en 1916, un siècle plus tard rien ne s’est amélioré, au contraire…

Si, dans les périodes d’essor industriel, les bénéfices du capital financier sont démesurés, en période de dépression les petites entreprises et les entreprises précaires périssent, et les grandes banques « participent » soit à leur achat a vil prix soit à de profitables « assainissements » et « réorganisations ». Dans l' »assainissement » des entreprises déficitaires, « le capital-actions est abaissé, c’est-à-dire que les bénéfices sont répartis sur un montant moindre du capital, et calculés par la suite en conséquence. Ou encore, si les revenus sont tombés à zéro, on fait appel à un nouveau capital; celui-ci, associé à l’ancien qui est de moindre rapport, devient dès lors suffisamment rentable. Remarquons en passant, ajoute Hilferding, que tous ces assainissements et réorganisations ont pour les banques une double importance : c’est d’abord une opération fructueuse et, ensuite, une occasion de prendre en tutelle ces sociétés embarrassées « .

[…]

La spéculation sur les terrains situés aux environs des grandes villes en plein développement est aussi une opération extrêmement lucrative pour le capital financier. Le monopole des banques fusionne ici avec celui de la rente foncière et celui des voies de communication, car la montée du prix des terrains, la possibilité de les vendre avantageusement par lots, etc., dépendent surtout de la commodité des communications avec le centre de la ville, et ses communications sont précisément aux mains des grandes compagnies liées à ces mêmes banques par le système de participations et la répartition des postes directoriaux. Il se produit ce que l’auteur allemand L. Eschwege, collaborateur de la revue Die Bank, qui a spécialement étudié les opérations de vente de terrains, les hypothèques foncières, etc., a appelé le « marais » : la spéculation effrénée sur les terrains suburbains, les faillites des entreprises de construction telles que la « Boswau et Knauer  » de Berlin, qui avait récolté jusqu’à 100 millions de marks par l’intermédiaire de l' »importante et respectable » « Deutsche Bank », laquelle, s’en tenant bien entendu au système des « participations », c’est-à-dire agissant en secret, dans l’ombre, s’est tirée d’affaire en perdant « seulement » 12 millions de marks; ensuite, la ruine des petits propriétaires et des ouvriers que les firmes de construction factices laissent impayés; les tripotages avec la « loyale » police et l’administration berlinoises pour avoir la haute main sur la délivrance par la municipalité des renseignements concernant les terrains et des autorisations de construire, etc., etc.

Les « moeurs américaines », au sujet desquelles les professeurs européens et les bourgeois bien pensant lèvent si hypocritement les yeux au ciel, sont devenues, à l’époque du capital financier, celles de toute grande ville dans n’importe quel pays.

Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916

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