Nucleo Terco – Octubre

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10 000 kurdes manifestent à Strasbourg pour la liberté politique

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Lutte populaire à la Réunion

La Réunion est en feux: après trois semaines de mouvement social, les nuits sont illuminées par le feu des émeutes. La contestation des chauffeurs routiers contre la hausse du prix du carburant a largement débordé, et les magasins de luxe sont maintenant pillés. Deux gendarmes ont été blessés lorsque la gendarmerie mobile a été envoyé pour réprimer. Un policier s’est aussi fait exploser une grenade dans la main (blessure que la plupart des médias attribuent à une “violence des émeutiers…). La mécanique bien rodée de la répression est déjà en marche – 31 personnes ont été arrêtées à la Réunion.

Évidemment, le gouvernement est terrifié par la perspective d’un nouveau 2009, en référence aux protestations contre la vie chère qui avaient dégénéré. Le PS et l’UMP se renvoient la balle: les factions de la bourgeoisie tremble face à un simple mouvement spontanée. Les médias jouent leur rôle, en allant interviewer les responsables étatiques locaux, nous expliquant gentiment qu’on a affaire à une minorité de casseurs fous, que c’est pour voler des cigarettes et faire la fête, que de pauvres flics ont été molestés… Une propagande aussi grotesque est plus drôle qu’autre chose. Nous espérons que tous ces gens s’achèteront des calmants dans les plus brefs délais: il suffit de prendre un peu de recul pour constater qu’au vu de la crise mondiale touchant de plein fouet les pays impérialistes, et de la pénurie de carburant pouvant rapidement subvenir en cas de conflit inter-étatiques, la contestation actuelle n’est qu’un échauffement face à l’immense vague de colère populaire qui déferlera mondialement dans la prochaine décennie.

Et cette colère se fera en particulier sentir dans les colonies de la France, que ce soit les officielles comme la Réunion ou les officieuses comme tous les pays que la France exploite économique, dont elle pille les matières premières et dont elle régente la vie politique. Un changement de pouvoir dans notre état passera nécessairement par la compréhension de cette question et par la lutte prioritaire contre notre impérialisme, qui ajoute son joug à celui de l’oppression classique du système économique capitaliste en phase terminale, détruisant avec une violence particulière la vie des peuples.

Le mouvement actuel, prétendument contre “la vie chère”, est constitué majoritairement de jeunes chômeurs, ainsi que de travailleurs venus des secteurs économiques les plus touchés par la crise. Vie chère… Comment pourrait il en être autrement dans un système ne visant pas à l’amélioration des conditions de vie, ni à la répartition égalitaire du travail, mais seulement à l’extraction de bénéfices, le capital?

Les partis institutionnels ne comprennent pas. Ils ne peuvent pas comprendre que c’est leur base même qui est attaquée. Notre camp, celui du peuple, lui seul peut comprendre. Nous ne souhaitons pas la condamnations des casseurs. Nous ne souhaitons pas non plus comme la “gauche” parlementaire la paix sociale et la conciliation. Nous souhaitons que le mouvement se radicalise, qu’il s’organise, et qu’il fasse trembler le pouvoir.

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Which pill will you take ?

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Rencontre – Femmes en lutte

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Victoire à Dresde

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La femme unidimensionnelle

Nina Power est une universitaire anglaise, spécialiste d’Alain Badiou. Elle a publié en 2009 son livre sur le féminisme, La femme unidimensionnelle. Nous vous livrons ici un extrait. Merci à I. P. pour nous avoir fait découvrir cette autrice.

Quand l’équipe de girls Gone Wild offre casquettes ou t-shirts contre la permission de filmer quelques poitrines ou bien des femmes se faisant un “câlin”, la logique est ouvertement exposée: nous vous donnerons un truc de merde en échange d’une exhibition qui révélera qu’il ne reste rien, absolument rien de subjectif derrière l’apparence, que vous coïncidez purement et simplement avec la manière dont vous vous comportez dans le monde. Vous êtes vos seins.

Tout ceci signale une transformation très profonde du rapport des femmes à leur corps. Loin d’étaler leurs atouts dans l’espoir que, par réfraction, l’attention d’autrui finisse par se reporter sur leur personne tout entière (conformément à l’exemple sartrien de la mauvaise foi, une jeune femme lors d’un rendez-vous traite sa main en objet inerte quand, succombant à sa lascivité, son amoureux s’en empare, et qu’elle ne trouve rien de mieux à faire que de parler de sujets « élevés » afin de goûter au délice temporaire de la suspension de ce qu’elle sait être vrai : que ce jeune homme la désire sexuellement), ce sont ces « atouts », ces parties, qui prennent la fonction du tout. Selon la logique partout diffuse d’un voyeurisme segmentaire, la culture contemporaine exige des femmes qu’elles traitent leurs seins en entités totalement séparées, (presque) sans rapport avec elles-mêmes, avec leur personnalité, ou avec le reste de leur corps. Toute capacité d’agir autonome et organique, qu’elle soit de nature morale, rationnelle ou moïque, se dissout ainsi dans l’auto-objectivation.

Ce sont eux, les seins, et non leur « propriétaire », qui se trouvent au centre de l’attention, eux qui sont, avec une alarmante régularité, désignés comme des objets complètement autonomes, un peu comme s’il s’agissait de valises ou de doughnuts. Constamment tripotés, ajustés, exhibés, couverts ou analysés, les seins contemporains ne ressemblent à rien tant qu’à des animaux de compagnie bourgeois : à ces petits clébards crétins, édentés, jappeurs, couverts de noeuds-noeuds et arborant des petits sacs personnalisés. Sans cesse, ces mamelles vides de lait, objets d’une scopophilie confuse (et qui, bien souvent, sont explicitement « fausses », conformément à la mode du jour), sont décrites comme si elles étaient dotées d’une volonté et de désirs propres, distincts de ceux de leur propriétaire (« Oh non ! Il est encore sorti de mon haut ! Mais c’est pas vrai ! »). Comme si, au lieu d’extirper un esprit malveillant, la chirurgie plastique et la saignée qui l’accompagne en introduisaient un. La première chose à dire à une femme n’est donc plus « tu es ravissante », mais « c’est des vrais ? ».

Nina Power, La femme unidimensionnelle.

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